La ville de Bunia veut mettre fin à l’anarchie sur ses routes. Une vaste campagne de formation sur le nouveau Code de la route a été lancée ce jeudi 17 septembre 2026 à l’intention des conducteurs de motos-taxis et de triporteurs, souvent pointés du doigt dans les accidents de circulation.
C’est la Police de Circulation Routière (PCR) qui a donné le coup d’envoi de cette initiative dans la matinée, en plein cœur de la capitale provinciale de l’Ituri. Pendant plusieurs jours, des centaines de taximan-motos, communément appelés « Wewa », vont être formés et sensibilisés aux nouvelles règles de conduite en vigueur en République Démocratique du Congo.
Au programme de cette session, plusieurs modules jugés prioritaires. Il s’agit notamment du respect strict de la signalisation routière, des règles de dépassement et de priorité, mais surtout du port obligatoire et correct du casque de protection pour le conducteur et son passager, ainsi que du port du gilet de visibilité. Des équipements encore trop négligés par de nombreux motards à Bunia.
Pour les organisateurs, cette campagne n’est pas une simple formalité, mais une nécessité vitale. Selon Josué Muleta, chef d’antenne urbain de la Commission Nationale de Prévention Routière (CNPR), l’objectif est de réduire drastiquement le nombre d’accidents et de pertes en vies humaines sur les routes de la ville.
« Nous avons constaté que la majorité des accidents à Bunia impliquent les motos. Il était urgent de rappeler à nos frères Wewa que le Code de la route n’est pas une punition, mais une protection pour eux-mêmes et pour leurs clients. Un casque bien porté, c’est une vie sauvée », a-t-il expliqué.
Une initiative largement saluée par la population, dans une ville où les accidents impliquant des motos-taxis sont devenus quasi quotidiens. Entre excès de vitesse, surcharge, conduite en état d’ivresse et non-respect des feux de signalisation, les « Wewa » sont souvent indexés comme les principaux responsables de l’insécurité routière, même si le mauvais état des routes et le manque de panneaux jouent aussi un rôle.
Face à ces critiques, la CNPR veut privilégier la pédagogie avant la répression. Les autorités préviennent toutefois que des contrôles rigoureux seront organisés après cette phase de sensibilisation pour sanctionner les récalcitrants.
« Nous formons d’abord, nous allons ensuite contrôler. Après cette campagne, aucun motard ne pourra dire qu’il ne savait pas. Celui qui sera arrêté sans casque, sans gilet ou qui brûlera un stop sera puni conformément à la loi », a martelé Josué Muleta.
Selon les organisateurs, cette opération ne se limitera pas à la ville de Bunia. Elle va progressivement s’étendre à l’ensemble des cinq territoires de la province de l’Ituri, afin d’harmoniser les pratiques et d’instaurer une culture de sécurité routière durable sur toute l’étendue de la province.
Nickson Manzekele